Crise de 2008 les Etats s’endettent pour renflouer les banques !

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Crise de 2008 Bis Repetita... Les Etats s'endettent pour renflouer les banques !

Crise de 2008 les Etats s’endettent pour renflouer les banques ! Bis Repetita…

La crise de 2008 a débuté avec la crise des subprimes

Orchestrée par Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde entier, et la FED ? c’est en tout cas mon avis

En introduction, pour vous faire une idée du déroulement, je vous invite à voir un excellent film sur le sujet : Margin Call.

Suite à la crise boursière de 2001 sur les valeurs « Internet », la FED (Réserve fédérale américaine, l’équivalent de la BCE en Europe) a pratiqué des taux d’intérêt extrêmement bas pendant des années pour relancer l’économie américaine.

Beaucoup de ménages américains à faible revenu ont pu contracter des crédits immobiliers pour devenir « propriétaires » de leur logement, en hypotéquant ce logement pour garantir le crédit. Pour cela, les établissements financiers ont mis au point des crédits à taux variables en dupant les clients sur les risques associés.

1) Les taux d’emprunt et charges financières de remboursement démarraient très bas pour attirer l’emprunteur puis augmentaient au bout de 2 ou 3 ans.

2) Les taux d’emprunt étaient indexés sur la valeur du bien : plus le prix de l’immobilier monte et plus les taux baissent, plus les prix de l’immobilier baissent et plus les taux montent. Et la relance étant fortement soutenue par la FED, dans un premier temps, le prix de l’immobilier a grimpé progressivement sans discontinue, ça roulait bien pour tout le monde.

3) Les taux d’emprunt étaient également indexés sur le taux directeur de la FED.

Et celle-ci a progressivement relevé ses taux de 1 % en 2004 à plus de 5 % en 2006 pour soit-disant tenir compte de l’évolution de l’inflation et de la croissance américaine.

Les taux demprunt ont alors fortement monté, les charges financières associées se sont alors considérablement alourdies et un nombre croissant de ménages n’a pu faire face.

Les prix de l’immobilier ont fini par se retourner à la baisse dans l’ensemble des États-Unis. La valeur des habitations est devenue inférieure à la valeur des crédits qu’elles étaient supposées garantir.

De nombreux américains se sont vus saisir leur logement et retrouvés à la rue sans rien.

L’afflux des défaillances des emprunteurs et des reventes de leurs maisons hypothéquées a accéléré la baisse des prix de l’immobilier. Les pertes se sont donc accumulées également du côté des prêteurs. Des établissements de crédit spécialisés se sont retrouvés en difficulté…jusqu’à la chute de Lehman Brothers.

La propagation de la crise des subprimes par la titrisation

La titrisation consiste à transformer des crédits distribués par une banque en obligations qu’un investisseur peut acheter et vendre à tout moment, ceci par l’intermédiaire de sociétés créés spécifiquement pour cela, appelées SPV pour « Special Purpose Vehicule » ou « véhicule spécial », les investisseurs pouvant être ces mêmes banques ou d’autres banques, des fonds de pension, des hedge funds…

L’énorme avantage pour la banque est qu’elle sort les crédits de son bilan, ainsi elle n’a pas à constituer un capital en réserve pour le cas où des difficultés de remboursement se présenteraient (règles prudentielles concernant les fonds propres). Elle peut donc consentir de nouveaux crédits plus faiclement sans se poser de questions sur la solvabilité des emprunteurs. Elle se rémunère à la commission puis revend le crédit !

Une fois qu’on a trouvé les premiers pigeons, les emprunteurs, Il faut trouver les autres pigeons, ceux qui vont racheter ces crédits, pour cela il faut les appater en leur faisant miroiter d’autres avantages, tout a été bien pensé depuis le départ :

L’avantage théorique pour les investisseurs est qu’ils peuvent espérer un très bon couplage rendement / risque sur les obligations.

L’avantage théorique pour l’économie en général est que les risques pris à l’origine par la banque sont reportés sur un plus grand nombre d’investisseurs et donc, en cas de choc, celui-ci est en principe mieux absorbé !

Cela démontre bien que tout a été magnifiquement orchestré depuis le début par les grands manitous de la finance. Le but est d’engranger des profits colossaux sur une période courte, au détriment des pigeons, qui seront les dindons de la farce… Un vrai thanksgiving financier ! 🙂

Mais, ce qui paraît d’une grande évidence, à mes yeux de simple pecno d’en bas qui n’a pas fait l’Ena ni polytechnique…,

la titrisation a permis aux banques et courtiers immobiliers, qui ont initié les crédits aux ménages, de ne pas être vigilant sur la capacité de ces derniers à rembourser correctement leur emprunt. Ces escrocs financiers ont fait dans la quantité au détriment de la qualité !

=> quoi de neuf dans tout cela ? absolument rien, ils ont recommencé les « erreurs » du passé en sachant pertinemment que les pots cassés seraient payés plus tard par les autres…

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La titrisation a été opérée avec une démultiplication opaque et spéculative du système

Les banques d’affaires qui ont organisé la titrisation ont regroupé des paquets de crédits mis à l’actif des véhicules. Elles ont constitué des paquets de crédits subprimes mais aussi des paquets mixtes, mélangeant des crédits subprimes avec d’autres crédits hypothécaires, ou avec des crédits destinés à d’autres financements.

C’est ainsi que tous ces produits financiers toxiques se sont retrouvés sur les marchés financiers et spéculés à outrance, passant de mains en mains, et donc diffusés au niveau mondial et particulièrement au niveau européen. Les banquiers et financiers européens sont bien connus pour ne pas rester dans leur coin quand il y a des affaires juteuses à faire même si elles sont potentiellement risquées.

La régulation et le contrôle des banques et notamment les règles de constitution d’un capital prudentiel en fonction des crédits distribués visent à protéger les épargnants et l’économie contre les risques liés à la transformation et à prévenir les paniques.

Sauf qu’ici, la transformation s’effectuait sur le marché et non dans les banques. Ces véhicules étaient contrôlés par leur créateur sans lui appartenir techniquement. Comme les autres véhicules de titrisation, ils étaient en principe hors bilan. Du coup, les règles communes du contrôle prudentiel bancaire ne se sont pas appliquées.

Facteur supplémentaire aggravant, les investisseurs qui ont acheté les obligations n’ont pas tous acheté en payant comptant mais en s’endettant à leur tour pour bénéficier de l’effet de levier.

L’effondrement des obligations a entraîné un mouvement de retrait massif vis-à-vis de ce papier commercial ainsi que l’assèchement brutal de la liquidité bancaire à partir de juillet 2007. Les banques ont mobilisé toutes leurs ressources pour leurs propres financements et ont refusé de prêter même à court et à très court terme aux autres banques.

Cet engrenage a ainsi touché l’ensemble du système bancaire américain mais aussi européen.

Transfert de la crise bancaire à une crise des dettes souveraines

Devant le risque de crise bancaire systémique, les Etats ont été contraints de multiplier les plans de sauvetage et les mesures de relance pour ne pas laisser s’effondrer leur économie meurtrie par les subprimes.  Pour cela, ils ont été contraints d’emprunter pour prendre directement à leur charge les dettes du secteur bancaire. Et la dette privée s’est muée en dette publique, au moment même où la croissance était en berne.

Et les banques centrales des États-Unis, d’Europe et du Japon, ont injecté massivement à plusieurs reprises des liquidités dans le marché des crédits interbancaires au cours du 4e trimestre 2007 !

Ainsi, en France, l’Etat a mis 360 milliards d’€ sur la table pour voler au secours des banques françaises : 320 milliards d’€ de refinancenement et 40 milliards d’€ de recapitalisation. Les banques ont remboursé leurs dettes par la suite pour certaines et ont crié haut et fort que l’Etat avait gagné beaucoup d’argent dans cette opération alors qu’elle a coûté cher à l’Etat et donc aux contribuables.

Un extrait du Figaro sur un rapport de la cours des comptes de 2013 indiquait :

« Dexia, un dossier dont le coût pour les seules entités publiques françaises (l’Etat et la Caisse des dépots) a été important, 6,6 milliards d’€ jusqu’à ce jour. Et c’est au moins l’équivalent pour le contribuable. Et dont le poids reste élevé: les risques courront jusqu’à l’extinction du portefeuille obligataire de Dexia, dans … 40 ans ! »

L’action du boulet DEXIA côtait autour de 9,9 € en 2008 lorsque les états français et belge sont devenus actionnaires presque à 100 % du groupe; aujourd’hui, en 2015, l’action vaut à peine 0,06 € => l’action a perdu quasi 100 % de sa valeur !

Le parfait exemple actuel

Société Générale
dopée à la planche à billets

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Crédit Agricole
dopé à la planche à billets

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Dexia pot pourri
refourgué à l’Etat

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Le risque systémique c’est quoi ?

Les banques centrales interviennent lors d’une crise financière pour sauver le système bancaire et financier d’une succession de faillites en cascade : la défaillance d’une banque peut en effet entraîner celle des autres banques car elles se prêtent mutuellement beaucoup d’argent. Une faillite bancaire peut aussi amener le public a vider ses comptes par peur de la contagion.

Donc, les banques centrales sont la pour parer ce risque désigné par le terme risque systémique. Pour cela, elles jouent le rôle de prêteur en dernier ressort : si une banque manque de liquidités, elle peut demander à la banque centrale de lui faire des avances contre des titres. Si, malgré cela, la crise se propage, alors la banque centrale va fournir des liquidités dans tout le système bancaire et financier : elle crée de la monnaie (des $ aux Etats-Unis, des € en Europe, des Yens au Japon,….) qu’elle prête aux banques qui lui fournissent en échange des titres financiers qu’elles détiennent, y compris des titres de mauvaise qualité pour lesquels le risque de défaut est élevé : c’est comme cela que la FED a sauvé les banques américaines lors de la crise des subprimes.

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Bail in & Bail out – crise bancaire responsable de la crise de l’Euro

En octobre 2008, au lendemain de la faillite de la banque Lehman Brothers, les États de la zone euro annoncent qu’ils garantissent leurs banques en toutes circonstances et sans limite de durée. Autrement dit, toutes les banques sont « too big too fail » (trop grandes pour faire faillite).

Le Bail out – renflouement public => les créanciers bancaires sont remboursés par les contribuables nationaux.

Par opposition au Bail in – renflouement interne=>  qui consisterait à faire payer d’abord les actionnaires et les créanciers.

Puis, en octobre 2010, les Européens ont annoncé que les dettes souveraines ne seraient pas garanties. Autrement dit, les défauts souverains devenaient possibles, comme avec la Grèce en mars 2012 : on applique le Bail in aux obligations d’État. C’est la combinaison de ces deux facteurs, garantie des créanciers bancaires, non garantie des créanciers souverains, qui a été extraordinairement déstabilisatrice de la zone Euro.

Où en est-on aujourd’hui, en 2015, de LA CRISE ?

Tous les pays européens, après avoir endetté leurs peuples au travers de la dette publique pour renflouer le monde de la finance à l’origine de ce cahos financier mondial, ont appliqué et appliquent encore des cures d’austérité massive à leurs peuples, et ce n’est pas encore terminé, loin de là !

Pour le peuple, la crise est bel et bien toujours là

oui nous sommes en pleine période austéritaire avec le règne de la DISETTE, avec un taux de chômage record, des plans de licenciement à gogo, de plus en plus de taxes et de plus en plus élevées, une forte libéralisation du droit du travail sur le point de voir le jour (loi Macron passée aux forceps ou programme de l’UMP avec, en ligne de mire, la remise en cause des 35 heures et de la durée légale, la remise en cause du Smic et des minimas garantis, le recul perpétuel de l’âge de départ à la retraite…). Tout cette pourriture porte un nom : Le pacte ripouxblicain, ou comment mettre à mort les LABORIEUX !

Pour les requins de la finance, la crise c’est du passé – déjà oublié

avec des actionnaires grassement rémunérés en dividendes et des PDG incompétents tout autant gavés avec des bonus de bienvenue, des rémunérations indécentes et des parachutes dorés,

avec des cours d’actions qui montent aux arbres depuis 2012, UNIQUEMENT parce que la FED et la Banque du Japon ont injecté des milliards de $ et de yen, relayées par l’Union européenne avec sa BCE (Banque Centrale Européenne) sous la tutelle de Super Mario et sa planche à billets  de 1.000 miliards d’€ ! => cette somme censée être redistribuée en cascade sous forme de crédits aux entreprises et aux particuliers est détournée par les établissements financiers et aboutit ni plus ni moins sur les marchés financiers à haut risque / fort rendement tels que les marchés actions (bulle spéculative)

avec de l’évasion et de la fraude fiscales à outrance pour ne pas trop se faire taxer sur ces profits, facilitées par la Suisse et le Luxembourg dont le chef d’orchestre JUNCKER a été remercié en étant promulgué à la tête de la Commission européenne !

Les dessous de la crise économique mondiale en images

Ou bien voici les liens vers les 4 parties de l’enquête :

Krach 1 Les architectes de la ruine

Krach 2 Le tsunami qui a balayé le monde

Krach 3 Payer le prix

Krach 4 Des lendemains amers

Mes notes ci-dessous ne sont pas issues de cette enquête mais des différents articles dont j’indique les liens en bas de page. Je ferai prochainement un résumé de cette enquête.

Bonus – Des milliers de milliards injectés par la FED passés sous silence

Avec la crise des subprimes, officiellement, l’Etat fédéral américain avait débloqué 700 milliards de $ d’aides pour aider les banques opérant aux Etats-Unis, grâce au plan Paulson de 2008 concocté par le gouvernement américain.

L’agence de presse Bloomberg a révélé en 2012 un plan de soutien d’une tout autre ampleur, resté jusqu’alors largement inconnu : entre 2007 et 2009, la FED a mis sur la table 7.700 milliards de $ – 11 fois plus, pour sauver les banques de la faillite en toute opacité et sans que le Parlement ne soit mis au courant.

L’article de Bloomberg détaille que les 6 plus grosses banques américaines ont reçu en quelques mois 460 milliards de $ de prêts de la FED, soit 3 fois plus que les 160 milliards qui leur ont été versés par ailleurs par le plan Paulson.

Les conditions consenties aux banques étaient particulièrement avantageuses pour les prêts à court terme : durant la crise, les prêts de la FED étaient parmi les moins chers disponibles, le financement étant même possible pour un taux aussi bas que 0,01% en décembre 2008 !

Alors que le plan Paulson était public, l’aide de la FED est restée secrète pendant plus de 2 ans !

L’information a été rendue publique à partir de décembre 2010. D’abord parce qu’une loi votée en juillet 2010 par le Congrès, visant à réguler le monde de la finance, oblige la FED à divulguer ses opérations de soutien au bout de 2 ans ! Mais l’information diffusée est restée parcellaire, la FED refusant de donner le détail des sommes versées à chaque banque. Il a fallu que Bloomberg, associée à Fox news, poursuive en justice la FED et Clearing House, association de lobbying des banques, pour obtenir la publication des comptes détaillés. Après 2 ans de procédures judiciaires au nom du Freedom of information Act, qui ont mené jusqu’à la Cour suprême, les médias ont obtenu gain de cause : une masse de plus de 29.000 pages recensant 21.000 mouvements financiers leur a été livrée en 3 fois entre  décembre 2010 et juillet 2011 => tous les prêts et autres facilités de paiement accordés à toutes les banques pendant 2 ans, détaillés un à un.

Par exemple, la FED avait consenti en même temps, pour la seule journée du 5 décembre 2008, 1.200 milliards de $ à divers établissement financiers. Des banques américaines, bien sûr, mais parmi les 30 plus importants emprunteurs, on dénombrait aussi des compagnies européennes :  Royal Bank of Scotland, le Suisse UBS, ou la Société générale et la franco-belge Dexia !

Si ces chiffres vertigineux vous font frémir alors je vous invite à lire mon article sur HSBC et ses liaisons sulfureuses et sa page 2 où il est question de 15.000 milliards de $ une fois encore en liaison avec la FED, et où il est également évoqué un certain Rothschild, tiens ce ne serait pas les établissements financiers qui nous ont balancé le loup de Bercy dans le dernier gouvernement ? 🙂

Bonus – Le livre noir des banques par Bastamag et Attac

Voici un livre enquête qui vous fera découvrir la face obscure des grandes banques françaises. Pour la première fois des journalistes et des économistes évaluent le coût exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités. De l’évasion fiscale à la spéculation sur les matières premières, de la « finance de l’ombre » aux produits dérivés opaques, des projets polluants aux emprunts « toxiques », ce livre co-écrit par Basta ! et Attac, dresse un panorama complet des effets néfastes de la finance toute puissante.

Entrons dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage. Celui d’une oligarchie bancaire grassement rémunérée, complice d’un hold-up planétaire.

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