HSBC et le lanceur d’alerte Hervé Falciani

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HSBC et le lanceur d'alerte Hervé Falciani

HSBC et le lanceur d’alerte Hervé Falciani

SwissLeaks le commencement…

En 2008, Hervé FALCIANI, un informaticien travaillant pour  HSBC à Genève en Suisse, rentre en contact avec le commandant de police à la DCPJ (Direction Centrale de la Police Judiciaire) qui l’aiguille vers les services de la DNEF (Direction Nationale des Enquêtes Fiscales).

Il leur remet des fichiers confidentiels qui permettent de dresser la liste de près de 130.000 fraudeurs fiscaux du monde entier, dont plus de 2.900 français qui auraient caché 5 milliards de $ en Suisse.

Concernant les origines de l’affaire, il y a plusieurs controverses sur les intentions premières d’Hervé FALCIANI, elles m’importent peu – vraies ou fausses; Hervé FALCIANI reste à mes yeux un lanceur d’alerte. Et il est poursuivi par la justice suisse, forcément les escrocs suisses n’ont pas aimé qu’on vienne soulever leur merde…

Le sujet principal, celui qui m’intéresse ce sont ces dizaines (« centaines » ou « milliers » serait un terme plus proche de la réalité si on avait accès aux données d’HSBC et autres banques mafieuses sur plusieurs années) de milliards d’€ non déclarés et / ou blanchis qui permettraient d’avoir des excédents dans tous les domaines où l’on nous annonce tout en déficit (sécurité sociale, retraites…) et pour lesquels on mattraque les populations et plus particulièrement les travailleurs !

Je focalise donc mon résumé de l’historique sur les faits réels de la fraude et l’évasion fiscale.

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Début 2009, il collabore avec la France et est embauché par l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique), organisme parapublic (non intégré à l’Administration mais dont la majorité est détenue par l’État ou par les collectivités territoriales).

En parallèle, dans le cadre d’une procédure judiciaire suisse, le domicile de FALCIANI est perquisitionné, de nombreux fichiers sont découverts, contenant des informations bancaires nominatives, ces fichiers sont transmis en juillet 2009 à Bercy par le juge Eric DE MONTGOLFIER, chargé de l’affaire.

Le ministre du Budget de l’époque, Éric WOERTH se sert du listing FALCIANI pour menacer les fraudeurs français et les inciter à régulariser leur situation vis à vis du fisc français avant la fin de l’année sous peine de poursuites. Au final 4.725 français exilés fiscaux auraient régularisé leur situation en rapatriant 7,3 milliards d’€. Et 2. 846 personnes physiques et 86 sociétés auraient été inculpées…

Tiens comment se fait-il que les médias n’aient pas crié cela sur les toits à l’époque ? Cela aurait dû permettre des recettes fiscales non prévues au budget de l’Etat et ainsi baisser une partie des multiples taxes qui touchent le petit peuple qui lui n’a pas les moyens de frauder, NON ?

Je préfère garder le conditionnel, l’affaire étant tellement trouble vu que bon nombre de nos chers élus ou de leurs copains étaient – et sont probablement encore aujourd’hui – trempés jusqu’au cou dans cette affaire…

Une guéguerre se joue en arrière plan entre la Suisse et la France (quand il s’agit de magouiller on est copain, quand il s’agit de prendre de l’argent que dans un sens au détriment de l’autre, là il n’y a plus de copains !)…

Début juillet 2012, Hervé FALCIANI est arrêté en Espagne sur la base d’un avis de recherche des autorités suisses, qui demandent son extradition vers la Suisse. Les autorités espagnoles décident de le libérer en décembre 2012, il est assigné à résidence sous protection, collabore avec le fisc espagnol et permet – selon les autorités espagnoles – de récupérer 250 millions d’€ auprès de 659 fraudeurs.

Les informations révélées par FALCIANI permettent d’instruire l’affaire GÜRTEL, nouvelle affaire politico-financière découverte, impliquant un présumé réseau de corruption lié au Parti populaire espagnol (PP), dirigé par Francisco Correa, entrepreneur espagnol, entraînant la démission de la ministre de la Santé Ana Mato en novembre 2014 à la suite de son implication dans cette affaire ! L’ensemble des sommes détournées est estimé par El País à 43 millions d’€.

Lors d’une audience publique en avril 2013, le parquet espagnol s’oppose à l’extradition de FALCIANI vers la Suisse, affirmant que ses actes ne sont pas passibles de poursuites en Espagne, le secret bancaire y ayant été aboli en 1977 et que les informations fournies auraient révélé une fraude fiscale portant sur 200 milliards d’euros dans toute l’Europe.

En avril 2013, une information judiciaire contre X est ouverte pour démarchage bancaire illicite et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, visant les conditions dans lesquelles des contribuables français ont ouvert des comptes en Suisse chez HSBC. Les juges Renaud VAN RUYMBEKE et Charlotte BILGER sont chargés de l’information judiciaire en France.

En juillet 2013, de retour en France, FALCIANI est auditionné à huis clos à l’Assemblée nationale ! L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes organisés de manière industrielle, massive, coordonnée et organisée menés par des banques comme HSBC.

En décembre 2013, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé des peines de huit et dix mois de prison avec sursis à l’encontre de deux frères pour la détention de deux comptes en Suisse chez HSBC non déclarés auprès du fisc français (crédités respectivement de 800.000 $, et 1,9 million de $). A Paris, on recense 27 enquêtes préliminaires et 5 informations judiciaires en cours pour fraude fiscale.

En novembre 2014, la filiale suisse d’HSBC est mise en examen pour fraude fiscale organisée, blanchiment, organisation criminelle et exercice illégal d’intermédiaire financier par les justices belge et française…

En décembre 2014, la justice suisse annonce la mise en accusation pour espionnage économique et violation du secret bancaire d’Hervé FALCIANI qu’elle veut traduire devant le tribunal fédéral. FALCIANI ne compte plus mettre les pieds en Suisse et souhaite changer de nom pour reprendre une vie normale.

En 2014 FALCIANI se lance en politique en Espagne aux côtés du « Parti X – Le parti du futur » issu du Mouvement des Indignés. À la suite d’une élection par les militants sur Internet, il est tête de liste aux européennes de 2014. Le mouvement échoue à avoir un élu, le vote des Indignés étant majoritairement capté par PODEMOS (7,97 %).

En février 2015, Pablo Iglesias Turrión, chef de file du parti PODEMOS et député européen, annonce que FALCIANI participera à la rédaction du programme de PODEMOS.

Les couillus qui soutiennent et travaillent avec Hervé FALCIANI

Hervé FALCIANI a indiqué sur BmfTv, dans l’émission Bourdin-Direct du 12 février 214 qu’il travaille en France avec la sénatrice Marie-Noëlle LIENNEMAN (PS), le sénateur Eric BOCQUET (PCF), le député  Alain BOCQUET (PCF), la députée européenne Eva JOLY (EELV), le député Nicolas DUPONT-AIGNANT (président de Debout la France) et le parti Nouvelle Donne (dans lequel on retrouve l’excellent Bruno GACCIO).

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Liens internet utiles

20 minutes : Swissleaks – Qui est Hervé Falciani, par qui le scandale est arrivé ?

Altermonde sans frontières : Affaire HSBC – ce que Hervé Falciani n’a jamais dit

Alternatives économiques : Séisme sur la planète finance. Au coeur du scandale HSBC

L’Express : Fraude fiscale – l’affaire Falciani

L’Express : Les lourds secrets du « Falciani Code »

Libération : Tout a été fait pour étouffer l’affaire des évadés fiscaux HSBC

Médiapart : NOTRE DOSSIER: HSBC, MACHINE À FRAUDE FISCALE

WikipédiA : Affaire des évadés fiscaux

WikipédiA : Hervé Falciani