La fusion des régions le fiasco

Classé dans : Crise et Dette | 0

La fusion des régions le fiasco

La fusion des régions le fiasco

Le 14 Janvier 2014, François HOLLANDE annonçait le projet de fusion des régions : réduire le nombre de régions de 26 à 15 pour supprimer plusieurs couches afin d’alléger la lourdeur administrative française ainsi que pour supprimer certains départements, afin de donner plus de puissance aux 13 nouvelles métropoles, dont le Parlement a avalisé la création fin décembre 2013. François HOLLANDE rajoute que cela permettrait de faire des économies drastiques, dans le cadre de son projet de faire 50 milliards d’€ d’économies d’ici 2017 !

Lorsque la loi a été proposée, en juin 2014, le secrétaire d’Etat à la Décentralisation, André VALLINI, assurait qu’elle permettrait d’économiser à terme 20 milliards d’€ par an, alors que le budget total des régions ne dépasse pas 28 milliards d’€ ! Les gains envisageables sur le papier (PURE THEORIE selon la méthode du PifAuMètre) sont finalement de 2 milliards d’€.

Petit rappel au passage pour ceux qui croient encore nos Chers Pourris : la dette augmente de 5.000 € à la seconde soit de 155 milliards d’€ par an, rien que les intérêts de la dette augmentent de 1.500 € à la seconde soit de 45 milliards d’€ par an !

.

La fusion n’entraîera aucune économie bien au contraire

Les élus régionaux font s’envoler les embauches depuis des décennies avec l’argent du contribuable, ils ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain !

Il faudra(it) fusionner les services, financer les déménagements, aligner les statuts et les conditions salariales entre agents de différentes régions, ce qui se fait toujours sur les plus avantageux, donc les plus coûteux. Selon l’Ifrap, ce seul poste pourrait représenter un surcoût de 49,5 millions d’€ par an.
Sur l’emploi, des postes sont censés être supprimés un jour ou l’autre. Le hic c’est que l’étude d’impact qui accompagne le projet de loi est généraliste et ne comporte aucun chiffrage. De leur côté, les conseils régionaux concernés n’ont pas lancé la moindre étude préalable ni entamé la moindre réflexion. Pour les 75.000 salariés qui travaillent sur le terrain, la fusion / mutualisation ne changera rien, la réorganisation concernera(it) les services centraux. Sur le papier, 30% des postes d’administration centrale pourraient être supprimés. Dans la réalité, qu’en sera-t-il ? Avec la garantie de l’emploi et l’abandon du principe de non remplacement d’un départ à la retraite sur deux…

Sur ce thème de l’emploi dans les collectivités territoriales, la réalité est implaquable

=> Argent public le gaspillage continue (Capital).

.

Les locaux somptueux où siègent les conseils régionaux appelés à disparaître sont censés être mis en vente.

Dans la réalité : le président du conseil d’Auvergne refuse de se séparer du palais régional de Clermont-Ferrand (le nouveau conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes s’installera à Lyon) qui vient tout juste d’être édifié à grands frais, dont la valeur avoisine les 60 millions d’€.

L’Association des régions de France (ARF) annonce la couleur : aucun bâtiment ne sera cédé. L’ARF envisage d’implanter des antennes un peu partout. Du coup, plusieurs centaines de millions d’€ vont passer sous le nez des contribuables.

.

Les indemnités compensatoires de mobilité géographique contrainte

Deux décrets publiés au Journal officiel prévoient d’attribuer une compensation financière aux agents de la fonction publique territoriale qui vont subir des mobilités géographiques contraintes.

Pour les agents qui changent de lieu de travail sans changer de résidence familiale :

– distance aller-retour domicile – travail < 20 km => aucune indemnité

– distance aller-retour domicile – travail >= 20 km et < 40 km => 1.600 €

– distance aller-retour domicile – travail >= 40 km et < 60 km => 2.700 €

– distance aller-retour domicile – travail >= 60 km et < 90 km => 3.800 €

– distance aller-retour domicile – travail >= 90 km => 6.000 €

Pour les agents qui changent de résidence familiale à l’occasion du changement de lieu de travail :

(sous réserve que la distance aller-retour domicile – travail soit >= 90 km)

– agent sans enfant : 6.000 €

– agent avec 1 à 2 enfants : 8.000 €

– agent avec 3 enfants : 10.000 €

– agent avec 1 à 3 enfants + perte d’emploi de son conjoint : 12.000 €

– agent avec + de 3 enfants + perte d’emploi de son conjoint : 15.000 €

A ma première lecture du sujet, je pensais que les indemnités kilométriques étaient mensuelles, là j’étais scandalisé. Mais ce n’est pas le cas, il s’agit s’un seul versement, les sommes indiquées ne me choquent pas vu l’impact à vie.

Mais le coût global n’est pas négligeable vu que la fonction publique territoriale emploie 1,8 million d’agents.

.

L’aberration des doublonnages de postes pour cumulards véreux

Fin juillet 2015, le président de la région Languedoc-Roussillon, du Parti Socialiste, Damien ALARY, a annoncé avoir obtenu la création d’un poste n’existant pas pour le moment dans les régions : celui de président de région délégué dans le cadre des nouvelles régions, suite à négociation avec le premier ministre Manuel VALLS. En cas de victoire de la gauche aux régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le titre reviendrait alors à Damien ALARY !

Ses propos :

Des postes de présidents-délégués, numéro 2 des exécutifs régionaux, vont être créés pour chacune des nouvelles grandes régions.

Le poste de président-délégué s’insèrera entre les vice-présidents et le président.

Un texte de loi sera présenté à l’Assemblée et au Sénat.

Une manière de conserver l’équilibre entre les anciens territoires, avec un président et un président délégué qui viendraient de régions différentes.

Dominique REYNIE, candidat de la droite et du centre dans la région concernée, contre-attaque :

Le président délégué n’est rien d’autre qu’un président supplémentaire.

Le gouvernement et les majorités socialistes régionales viennent donc de décider la fusion de deux régions pour laisser la place à un seul conseil régional dirigé par deux présidents.

Le poste, qui doit être créé pour chacune des nouvelles régions, coûterait aux contribuables 114 millions d’€, selon les calculs de Dominique REYNIE.
« Si l’on prend comme base de calcul la présidence actuelle de Midi-Pyrénées, on compte au moins 32 membres salariés. Sur la base du salaire médian de la fonction publique territoriale, autour de 2.900 € brut, en intégrant l’indemnité du président, 66.145 € brut annuel, on obtient un total situé autour de 1,2 million d’€ par an, multiplié par le nombre futur de régions (16) et par la durée du mandat (6 ans), on atteint donc 114 millions d’€. »

.

Articles sur cette nouvelle fumisterie dont nous serons les dindons de la farce

20 minutes : Fonctionnaires territoriaux – Les mobilités contraintes indemnisées

Atlantico : Bataille des capitales de régions – et déjà une preuve que la réforme territoriale…

Capital : La réforme absurde – moins de régions, plus de dépenses !

La gazette des communes : Fusion des régions – des économies accessoires face à l’ampleur des enjeux

La gazette des communes : Une indemnité pour les agents contraints à la mobilité

Le Huffington Post : Fusion de régions et de départements – la réforme territoriale ne rapportera rien…

Le JDD : ‘Président délégué’ de région – « La proposition émane de Paris »

Le Point : La fusion des régions va coûter plus cher !

Le Point : Régionales – un accord PS-PRG pourrait coûter très cher aux contribuables

Libération : Régionales – la création du poste de président délégué divise à gauche