Sécurité Sociale gaspillages et incompétences cas concrets

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Dans le domaine de la Sécurité Sociale, gaspillages et incompétences sont légion

En permanence, les médias et les politiciens nous rappellent le trou abyssal de la Sécurité Sociale (11,7 milliards d’euros en 2014).

En 2011, l’émission Capital avait rédigé un article montrant comment la Sécurité Sociale pourrait économiser plusieurs milliards d’euros par an sans que cela coûte quoi que ce soit aux assurés et permettant ainsi un équilibre des comptes.

A notre échelle de simple individu, au quotidien, on est capable de constater en partie certains faits et agissements qui contribuent à ce trou.

J’apporte ma contribution sur ce sujet à mon échelle de simple individu ayant côtoyé pour diverses raisons les services médicaux et bon nombre de médecins dits spécialistes de ce pays que je qualifie de charlots.

Dans la première mouture  de cet article, je citais les noms précis de ces charlots; même si tout ce que je dis est bien réel, mon entourage ayant peur que je me prenne peut-être un jour des attaques en diffamation par ces mêmes charlots, je décide de n’afficher que le prénom et la première lettre du nom; si vous avez besoin des noms précis pour éviter de les consulter inutilement, vous pouvez m’envoyer un mail, je vous donnerai les noms sans hésiter.

Mars 2009 – accident de moto

Suite à un accident de moto, j’ai atterri au service des urgences d’Avignon, ayant des douleurs sur tout le côté droit particulièrement vers la hanche et dans tout le bas du dos. Le seul examen qui m’a été fait est une radio du bas du dos ne révélant apparemment aucune lésion osseuse. Je suis reparti en boitant avec juste une ordonnance d’anti-inflammatoires. Le lendemain, perclu de douleurs et ayant la sensation d’avoir le bassin déplacé, je suis allé voir mon médecin traitant qui m’a prescrit des anti-douleurs.

Faisant naïvement confiance au diagnostic de l’interne des urgences d’Avignon, pendant de nombreuses semaines, je suis resté avec mes douleurs sans chercher à savoir pourquoi j’avais mal. J’avais (et j’ai toujours) des douleurs très prononcées dans le bas du dos au niveau du sacrum et des sacro iliaques. Je me contentais de consulter des ostéopathes, qui me remettaient le bassin en place ainsi que certaines vertèbres…(le dos compensait sans arrêt les défaillances du bassin), et de faire des séances de kiné pour soulager mes douleurs.

Par la suite, presque un an après, ayant toujours des douleurs et une instabilité du bassin avec toutes les conséquences que cela engendre, complété par des sciatalgies, me réveillant enfin sur le fait que le service de urgences avait probablement mal diagnostiqué, j’ai fait différents examens : irm , scanner, électromyogramme et  scintigraphie osseuse. Un an après, il n’était pas possible de voir des lésions, seule la scintigraphie osseuse a permis de révéler que j’avais probablement eu à l’époque de l’accident une fissuration au niveau du sacrum.

Entre 2009 et 2010, j’ai consulté des soit disant grands spécialistes, avec plein de diplômes et titres pompeux :

Docteur Pierre R. sur Aix en Provence – ostéopathe et spécialiste en pathologie vertébrale,

Docteur Joël C. sur Marseille – rhumatologue,

Docteur Adlain Z. sur Marseille – Spécialiste en médecine physique et réadaptation,

Cyril F. – Pédicure Podologue, spécialisé dans les semelles orthopédiques.

Ce que cela a coûté à la Sécurité Sociale sans m’apporter aucune aide ni soulagement des douleurs :

des consultations à 50 € pour une durée de consultation de 15mn maximum à chaque fois,

des prescriptions de médicaments pour les douleurs, sans aucun effet,

une infiltration sans aucun effet,

des semelles orthopédiques sans aucun effet même en les ayant porté plusieurs mois.

Ce que j’ai eu pleinement le temps de constater avec ces charlots :

chez tous ces médecins, les salles d’attente étaient pleines à craquer. J’en déduis que c’est plus rentable de facturer 50 à 70 € pour une consultation de 10 à 15 mn chronomètre en main et de dire au patient (le terme client serait plus approprié) des banalités plutôt que de réellement chercher les causes réelles de ses problèmes.

Petit calcul vite fait : si un médecin spécialiste fait une journée de 8h00 à 4 consultations par heure, ça permet de faire un chiffre d’affaires de 1.600 à 2.240 euros par jour. Parmi ces grands médecins, les uns m’ont dit que j’avais une jambe plus courte que l’autre, d’autres que j’avais une dissymétrie sans plus de précisions, d’autres ont supposé que les douleurs étaient dues au nerf pudendal (un nerf caché en profondeur)…

6 ans après, on ne sait pas ce que j’ai eu comme lésions à l’époque mais je reste avec toutes mes douleurs et un bassin instable qui se déplace de temps en temps, plus ou moins fréquemment suivant les périodes (avec toutes les conséquences sur le corps et sur ma vie privée). J’ai évidemment cessé de consulter tous ces charlots, j’ai arrêté tous leurs « cachetons anti-douleurs » à base d’opium et autres dérivés qui ne m’apportaient aucun confort. Mon auto-médication consiste à prendre des anti-inflammatoires et décontractants musculaires qui me soulagent bien plus.

Résultat, ce que ca coûte et ce que ca va continuer à coûter à la Sécurité Sociale jusqu’à la fin de mes jours :

des séances de kiné pour soulager les douleurs (soulagement des douleurs par électrostimulateur, massages, ultrasons…) : je pense une vingtaine par an en moyenne; les séances d’ostéopathie à vie ça c’est pour ma pomme.

Petit complément

Comme précisé dans mon article Assureurs escrocs, des médecins désireux de gagner encore plus d’argent bifurquent sur la partie judiciaire du domaine médical. Ce sont les médecins experts à la botte des assurances et les médecins recours / conseil pour les victimes d’accidents. Là, leurs consultations ne coûtent rien à la Sécurité Sociale, mais c’est quand-même effarant d’apprendre qu’un médecin nul dit expert médical peut facturer 1.000 € une simple consultation d’expertise médicale !

Traumatismes de l’épaule gauche

En 2011, en vue de passer mon monitorat de parachutisme, j’ai effectué beaucoup de sauts d’entraînements dont certains étaient intenses physiquement et « violents » pendant la chute (je ne rentre pas dans le détail, ce n’est pas le but de cet article). Au fil des semaines, j’ai commencé à ressentir des douleurs et une gêne prononcée au niveau de mon épaule gauche.

Comme probablement la plupart des gens, j’ai laissé les douleurs s’installer insidieusement, tout a dérapé progressivement si bien qu’on fait avec, on compense…jusqu’au jour où j’ai commencé  à sentir des douleurs de plus en plus insupportables, comme si j’avais un poids accroché à mon épaule en permanence. Cela a commencé par devenir pénible au guidon de ma moto, puis c’est devenu difficilement insupportable même lors d’un simple footing ou même en position assise au bureau devant l’ordinateur. Sans m’en rendre compte j’avais perdu une grosse partie de la mobilité de l’épaule au point de ne plus pouvoir ramener ma main derrière le dos.

Début des déboires avec le Monde Médical

J’ai cherché sur les pages jaunes des spécialistes de l’épaule dans mon secteur.

Première consultation en Juin 2012 – Docteur François V. sur Aix en Provence,

consultation de 10 mn pour me prescrire une radio et un scanner, facturation de la consultation plein-pot 55 €. Auparavant, j’ai fait une consultation médicale de mon médecin généraliste pour pouvoir être dans le parcours.

Le scanner indique : une fissuration du tendon sus-épineux ainsi qu’une fissuration du bourrelet glénoïdien au contact de l’insertion du tendon bicipital ; SLAP lésion ?

Je demande des précisions au médecin qui vient de réaliser l’arthroscanner. En clair, le tendon du long biceps est inséré en profondeur sur le bourrelet glénoïdien et le médecin pense qu’il y a une SLAP lésion –  déchirure du bourrelet. Il me précise que cela ne peut être clairement confirmé que par arthroscopie (rentrer avec une caméra à l’intérieur de l’épaule), aucun examen extérieur ne peut le voir (IRM, scanner, échographie…).

A la seconde consultation, le Docteur V. me propose d’entrée de jeu une opération, sans bien m’expliquer pourquoi ? comment ? Quand je lui demande s’il n’y a pas d’autres solutions avant d’envisager l’opération, il me répond « soit vous avez réellement mal, je vous opère, soit vous restez avec vos douleurs ! ». Forcément cela m’a refroidi, je ne peux pas avoir confiance dans un médecin qui ne me donne pas toutes les informations que je suis en droit d’attendre de sa part avant d’accepter de me faire charcuter, j’envisage donc de prendre l’avis d’un second spécialiste pour confirmer ou non que l’opération est la seule issue, en sachant qu’à chaque fois les médecins précisent bien qu’il n’y a aucune garantie que ça aille mieux après l’opération !

J’ai appris des mois plus tard par ma kiné qu’il a la réputation d’avoir la gachette facile sur les opérations !

Je retourne voir mon généraliste pour être dans le parcours pour prendre un seconde avis, en parallèle de cela il me prescrit une attelle pour pouvoir maintenir / soulager mon épaule.

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Petit complément : à tout hasard, j’avais signalé au docteur V. à ma première consultation que je m’étais « abîmé » un doigt également dans mes sauts d’entraînement (tendons ou ligaments, je ne pouvais plus le plier depuis plusieurs semaines). Il m’a de suite dit que le doigt n’était pas beau et que je ferais bien de consulter rapidement un de ses confrères au service de la main dans le même bâtiment. J’ai consulté le confrère qu’il m’avait chaudement recommandé. Là encore je suis tombé sur un charlot. Celui-ci avait fait un saut en tandem en parachute alors il m’a saoulé avec son saut pendant 10 mn; au final je lui ai demandé « et pour mon doigt ? », il l’a regardé 10 secondes et m’a répondu « il n’y a rien à faire, ça passera »; et 50 € d’encaissés. Hé oui, entre incompétents, on s’échange les clients, ça remplit vite les agendas comme ça !

Deuxième spécialiste de l’épaule fin Juillet 2012 : Docteur Jean-François B. sur Avignon.

Son avis est radicalement opposé, il pense qu’il s’agit juste d’une tendinopathie, me prescrit des séances de kiné et me conseille d’arrêter le sport en me précisant qu’il ne faut SURTOUT PAS OPERER. Je lui explique que j’ai des entraînements en parachutisme pour des examens à venir en vue du monitorat et je souhaite savoir combien de temps il faudrait arrêter le sport, je lui précise que le précédent spécialiste consulté voulait m’opérer. Et là je « tombe sur le cul », il me répond : « vous savez, parfois il faut arrêter le sport 10-15 ans ! ».

A l’époque qu’on est et vu les progrès en médecine, c’est inacceptable d’entendre une telle réponse ! Consultation expéditive facturée une fois de plus plein-pot. Je demande si on peut envisager une arthroscopie pour vérifier si le bourrelet est déchiré, il refuse prétextant que ça coûte cher à la Sécurité Sociale et que ce n’est pas justifié dans mon cas (malgré le compte-rendu de l’arthroscanner) !

J’ai effectué les séances de kiné, j’ai ralenti mon activité sportive et mes entraînements, mais pas d’amélioration en mobilité, et les douleurs se sont amplifiées.

Forcément, avec 2 avis diamétralement opposés et souffrant toujours autant, je consulte à nouveau mon médecin généraliste pour être dans le parcours et j’enchaîne sur un nouveau charlot.

Troisième spécialiste consulté en Septembre 2012 : Docteur Richard A. sur Marseille,

soit disant un très grand spécialiste de l’épaule… Il me manipule pour contrôler, il tort mon épaule dans tous les sens pendant 5mn, m’amplifie les douleurs et me fait souffrir comme jamais j’avais eu mal jusque là ! Ensuite, il conclut en me disant : « je ne suis pas d’accord avec le compte-rendu du médecin qui vous a fait l’arthroscanner, vous savez, parfois tout se passe dans la tête… ».

Forcément, je riposte et la discussion s’envenime, je lui dis que je ne paierai pas sa consultation pour m’entendre dire que mes douleurs sont dans ma tête. Pour s’en sortir, il me prescrit une infiltration, il envisage une panoplie d’infiltrations…intra-tendineuse, intra-musculaire… Et bien sûr, lui aussi refuse de me faire une arthroscopie. Facturation plein-pot de la consultation relativement courte.

Je joue le jeu, on me fait une infiltration, aucune amélioration ni de la douleur ni de la mobilité même après plusieurs semaines !

Je retourne voir mon médecin généraliste, il est surpris que le dernier charlot m’ait prescrit une infiltration, il me précise que la cortisone abîme les tendons et que, si la douleur diminue juste par tromperie, je risque de forcer sur mon épaule et de dégrader la situation…Richar A., c’est honnêtement la pire chèvre que j’ai consultée !

Quatrième spécialiste consulté le 7 Février 2013, le Docteur Jean-Luc GAHDOUN sur Le Pontet près d’Avignon.

Consultation facturée plein-pot pour une durée très courte mais je tombe enfin sur un spécialiste digne de ce nom qui prend au sérieux le compte-rendu de l’arthroscanner ; par palpation de l’épaule, il met de suite le doigt sur la douleur principale, qui correspond exactement au tendon du long biceps. Il me prescrit un IRM puis nouvelle consultation…L’IRM confirme cette fois les lésions du long biceps et du bourrelet glénoïdien. Mais il refuse de me faire de suite l’arthroscopie. Il veut d’abord tenter un traitement PRP qui consiste à faire une ponction lombaire pour récupérer plasma et plaquettes en vue de les injecter dans la zone de lésions pour favoriser la cicatrisation (le traitement est coûteux 200 € et non reconnu donc non pris en charge par la Sécurité Soiale, et, d’après mes recherches sur le net, le taux de réussite est très faible).

Entre temps, j’ai un autre accident de la vie privée (dont je parle dans la section suivante de cet article) m’obligeant à mettre en stand-by la recherche de solutions pour mon épaule.

On tente l’injection de PRP en Septembre 2013 bien sûr sans aucun résultat probant; il ne reste plus que l’opération / l’arthroscopie. En fait, lors d’une arthroscopie, à avoir fait l’intrusion dans le corps – ici l’épaule – le médecin ne se contente pas de regarder constater et refermer, il en profite pour « réparer » si les lésions sont réparables.

Le Docteur GAHDOUN m’opère en Février 2014; à mon réveil après l’intervention, il confirme que j’avais une lésion SLAP (de type 3, il y a 7 types de lésions SLAP); pour faire simple, le tendon du long biceps ne tenait plus par grand chose sur le bourrelet et celui-ci était bien déchiré. Il a découpé une partie du bourrelet, rangé l’autre partie « à sa place », détaché le tendon du long biceps pour le rattacher ailleurs. Ensuite, longue rééducation, j’ai commencé à récupérer la mobilité de mon épaule pendant l’été 2014 puis la force pendant l’automne 2014.

Bilan de cette mésaventure à cause de charlots dits spécialistes :

2 années perdues qui m’ont gâché la vie, 4 spécialistes consultés dont 3 charlots qui se sont quand-même gavés au passage, des examens, des séances de kiné à gogo, des cachetons à gogo pendant 2 ans pour rien, des consultations de médecin généraliste pour rester dans le parcours médical…!

Complément sur cette partie concernant le gouffre de la sécurité sociale

Autant j’ai été satisfait du résultat de l’opération faite par le Docteur GAHDOUN, autant j’ai été « refroidi » par les prestations de la polyclinique du Pontet :

– je suis rentré le mardi 18 Février 2014 fin d’après-midi, j’ai été opéré le mercredi 19 Février 2014, je suis ressorti le jeudi 20 Février 2014 en fin de matinée;

– la veille de l’opération, une infirmière est venue me « préparer » : rasage de mon épaule, elle a réussi à raser toutes les parties inutiles de mon épaule jusqu’au bout des doigts de ma main ! tout en laissant les quelques poils se trouvant au niveau de la zone prévue d’intervention ! sans protection les poils sont tombés sur mon lit, aucun nettoyage ensuite, j’ai secoué mes draps moi-même pour les faire tomber par terre, le lendemain après l’opération les poils étaient encore par terre ! et on nous parle d’infections…attrapées dans les cliniques et les hôpitaux…

– il fallait prendre une douche avec de la bisseptine antiseptique pour éviter d’attraper une infection (une arthroscopie est susceptible de laisser rentrer des bactéries…); seul hic, ils m’ont mis dans une chambre double avec un jeune homme sympathique sauf que je me suis aperçu qu’il était couvert de mycoses en tous genres au niveau des pieds…et je n’ai pas eu d’autre choix que de me doucher après lui dans la douche commune de la chambre…super !

– les infirmières (excepté celle de nuit très avenante) étaient vraiment antipathiques et non serviables.

La plupart des gens, quand ils sont couverts par la sécurité sociale, ne prennent pas la peine de regarder le détail de ce que la CPAM a payé; moi, après ce manque de « qualité de service » de la part de la polyclinique, j’ai pris la peine de regarder ce qu’a coûté à la sécurité sociale mon petit séjour dans cette polyclinique (hors coûts de l’opération / anesthésie / implant…) : 1343 € pour un peu moins de 2 jours ! à ce prix là je suppose que la polyclinique facture avec une marge plus que correcte ! à la même période les hôtels 4 à 5 étoiles sur la Croisette à Cannes proposent des chambres entre 160 et 200 € la nuit !

Traumatismes de la cheville droite avec algodystrophie en bonus

En Mai 2014, j’ai été victime d’un accident lors d’une randonnée en forêt, accident banal mais avec des dégâts assez conséquents. En voulant juste faire un pas un peu grand pour passer d’un rocher à un autre en bord de rivière, j’ai glissé, je suis tombé dans le ruisseau de tout mon poids sur mon pied droit, celui-ci par malchance s’est retourné sous le poids du corps, en latéral par l’intérieur. Sur le moment la douleur a été ultra-violente, difficilement supportable mais je n’avais pas d’autre choix que de faire avec. N’ayant pas de téléphone portable sur moi, j’ai été obligé de faire demi-tour jusqu’au village où je logeais pour pouvoir demander de l’aide.  J’ai tout tenté – marcher, ramper, claudiquer… – je sentais bien à chaque tentative que les os ne tenaient plus, dès que je soulevais le pied, les os se désempilaient et dès que je le reposais, ils ne retombaient pas en bonne position les uns par rapport aux autres.

…Tant bien que mal, après un temps assez long pour bien profiter de la douleur, j’ai réussi à revenir au village où l’on a pu appeler les pompiers. Ils m’ont évacué vers l’hôpital d’Aubenas en Ardèche.

Les urgences et leurs internes – des chèvres au service des victimes

On coupe le pantalon pour l’oter de la jambe, mon bas de jambe est très gonflé et déformé, ça part en travers à droite pour repartir en travers à gauche pour repartir plus ou moins en profil droit en direction de la cheville, le pied lui aussi ne ressemble plus à un pied, il est très gonflé déformé et violet.

Au service des urgences, on me fait juste des radios de contrôle. Je précise que j’ai senti les os se déplacer, que j’ai déjà eu des accidents avec de grosses entorses et ça n’avait jamais été aussi douloureux. Au regard des radios, le radiologue m’informe que je n’ai aucune fracture. Je lui signale une douleur osseuse sous le genou, nouvelle radio, là il trouve une fracture du péroné mais c’est tout. Et pas plus, pas d’échographie…

On me fait patienter dans une pièce, un interne vient me voir et me dit : « vous avez juste une simple fracture du péroné, il n’y a rien à faire si ce n’est du repos, je vous pose un plâtre d’immobilisation, dans 10 jours, vous allez voir votre médecin pour le faire enlever et tout rentrera dans l’ordre ». Il ne me donne aucune consigne particulière.

Ma compagne me ramène en voiture du côté d’Aix en Provence, le temps du trajet je m’assois devant avec la jambe plâtrée dirigée vers le bas et je m’endors jusqu’à l’arrivée, shooté par les cachets anti-douleur qu’on m’a donné.

Je passe la soirée allongé sur le canapé, et les douleurs reviennent de plus en plus fort, jusqu’à devenir insupportables ; j’appelle SOS médecin, je décris mes symptômes, l’accident, le plâtre…

Par téléphone, le médecin me dit d’ouvrir de suite le plâtre, l’oedème a poursuivi sa progression, c’est la compression du plâtre qui me crée les nouvelles douleurs. Il me précise que l’interne aurait dû me donner la consigne de voyager avec la jambe au minimum à plat voir surélevée pour éviter l’afflux supplémentaire de sang dans le bas de la jambe, il me conseille d’aller voir mon médecin le lendemain.

Le lendemain, mon médecin généraliste, également urgentiste chez les pompiers, me dit de suite : « les plâtres des urgences je m’en méfie comme de la peste » ; voyant le sale aspect de ma jambe, il appelle un spécialiste de chirurgie orthopédique, le Docteur Jean-Michel H. sur Aix en Provence et lui explique la situation. Celui-ci ne peut me recevoir, il me propose de patienter et venir le consulter le lendemain.

Découverte de l’ampleur du carnage 48 heures après

Donc je consulte ce spécialiste 48 heures après l’accident. Juste en otant complètement le plâtre, il suppose de suite l’étendue des dégâts, me dit qu’on a perdu du temps, il aurait fallu opérer de suite, il me fait faire des radios en urgence qui confirment ses doutes. Arrivé à 10h00, je passe sur le billard à midi.

En fait il y a : arrachement osseux, fracture bimalléolaire, arrachement des ligaments internes, diastasis astragal et fracture du péroné. Et ces chèvres des urgences d’Aubenas n’ont vu que le péroné !

L’opération consiste à remettre tout en place, ligaments rattachés à l’os par un harpon (LLI),  fragment malléolaire refixé avec un laçage, diastasis astragal réduit.

2 jours à l’hôpital puis retour au bercail avec obligation de rester allongé avec la jambe  légèrement surélevée, ce que je respecte scrupuleusement. Je suis censé garder le plâtre tel quel pendant 45 jours. Sauf que l’oedème sanguin continue à gonfler…Je recommence à avoir des douleurs à cause de la compression de l’oedème sous le plâtre.

Quel genre de douleur est-ce ? Facile à imaginer : quand vous comprimez un membre, vous commencez par sentir des fourmis (sensation pas désagréable voir agréable pour ma part) ; si vous maintenez la pression, vous sentez une sensation de chaleur puis commence à apparaître la douleur, comme une sensation si on coupait le membre comprimé (j’imagine car je n’ai jamais eu de membre coupé) ; après ça devient un calvaire.

J’appelle le cabinet du Docteur H. pour signaler mes douleurs, je me fais expédié en me faisant comprendre qu’il ne faut pas faire la « chochotte » et savoir supporter un peu les douleurs.

Résultat, je passe 2 jours de MARTYR dans cette saloperie de plâtre, et 2 nuits quasi blanches tellement les douleurs sont insupportables au point de m’empêcher de dormir. Je finis par me faire amener un dimanche soir à la maison médicale proche de chez moi. Quand le médecin voit mon plâtre et la couleur violacée de mes orteils, il me dit d’aller faire ouvrir le plâtre en urgence par le spécialiste le lendemain, je risque la gangrène en restant comme ça, le pied n’est presque plus irrigué à cause de la trop forte compression.

Retenez bien ce qu’il m’a dit et qui m’a été confirmé par la suite par diverses personnes du milieu médical : UN PLATRE NE DOIT JAMAIS FAIRE MAL.

Il n’ouvre pas le plâtre lui-même car il suppose qu’il est calé spécifiquement par rapport à l’intervention chirurgicale. Me voilà reparti pour une nuit de souffrances.

Le lendemain, le docteur H. me prend entre deux rendez-vous, ça semble vraiment l’ « emmerder », il entame le plâtre à la 6-4-2 pour que celui-ci desserre son étreinte autour de la jambe et là, un grand ouf de délivrance, les douleurs commencent instantanément à s’atténuer. Il jette un œil rapide aux points de suture mais ne se soucie pas de la couleur violacée du pied. Il me laisse ce plâtre 2 semaines (pendant ce laps de temps, la compression ayant diminué, l’oedème diminue, la jambe n’est plus bien calée dans le plâtre); il m’en refait un nouveau pour aller jusqu’à la durée totale de 45 jours prévue par le protocole.

Ces histoires de plâtres (celui des urgences puis celui du docteur H.) ont des conséquences désastreuses pour mon pied : une Algodystrophie.

Pendant la durée du plâtre, j’observe au fil des jours un phénomène étrange : je coupe régulièrement mes ongles du pied gauche qui poussent normalement, ceux du pied droit  ne poussent plus du tout; et j’ai des douleurs désagréables dans mon pied droit, mais je pense que c’est normal, lié au temps de récupération suite à l’intervention chirurgicale.

Le jour où le docteur H. retire mon plâtre, mon pied oscille entre le violet et le marron pourri…mais ça n’inquiète pas le spécialiste. Bizarrement mes ongles se mettent à repousser rapidement, je suis obligé de les couper en à peine 48 heures. Cela signifie que le pied était encore mal irrigué. La phase de rééducation commence, dans la douleur, longue et laborieuse. Aux visites de contrôle j’alerte le doteur H., toujours autant aimable, qui m’envoie paître gentiment mais fermement, la seule chose qui l’intéresse c’est de dire que son travail est bien fait, qu’il faut du temps (on dépasse largement les temps de progression annoncés au départ) ; en fait je me rends compte qu’il cherche juste à s’assurer qu’il n’est pas « touchable » juridiquement s’il me venait l’idée de l’attaquer pour X raisons.

Concernant mes douleurs et problèmes de récupération, je suis alerté lors d’une conversation avec une amie travaillant dans le milieu de la santé : elle évoque le fait que j’ai peut-être une ALGODYSTROPHIE. C’est là que je commence les recherches sur le sujet et découvre cette saloperie.

L’algodystrophie est une « maladie » complexe, il existe plusieurs définitions, celle qui me paraît proche de la réalité est la suivante :

Syndrome primitif ou secondaire, caractérisé par l’association d’une impotence douloureuse, de troubles vasomoteurs, de troubles trophiques de la peau, des muscles, des articulations et des os (ostéoporose mouchetée), qui provient très probablement d’un trouble neurovégétatif local.

Le diagnostic est « facile », l’algodystrophie entraînant une mauvaise irrigation sanguine d’un membre, elle entraîne souvent dans la foulée une déminéralisation des os de la zone concernée (les os apparaissent mouchetés sur une radio).

Je reprends rendez-vous chez le docteur H., il es toujours autant aimable, quand j’évoque la possibilité d’une algodystrophie, il ne veut pas y croire, je demande une radio de contrôle, c’est sans équivoque, j’ai bien une algodystrophie !

Opéré le 7 Mai 2013, déplâtré le 21 Juin2013, l’algodystrophie est reconnue seulement le 31 Juillet 2013 parce que le spécialiste H.a tout fait pour me la masquer ! car lui étant médecin connaît forcément le phénomène d’algodystrophie, il a forcément été confronté à ce phénomène au cours de son expérience en traumatologie orthopédique. Il m’a donc fait perdre un temps précieux pour traiter cette algodystrophie très endolorisante et invalidante, ce qui m’a valu une perte de temps conséquente dans la récupération de la mobilité et de la motricité. Et une fois reconnue, le docteur H. ne m’a aucunement aidé ni guidé vers des spécialistes sur ce phénomène.

Je détaille tout ce qui entoure l’algodystrophie dans un article spécifique pour témoigner sur le sujet et éclairer des personnes qui en sont atteintes sans forcément le savoir comme cela a été le cas pour moi. En quelques mots, l’algodystrophie est un phénomène complexe très mal maîtrisé par les médecins qui partent sur des hypothèses quant aux causes et aux remèdes et , d’expérience, je pense qu’on se la garde à vie.

J’ai demandé conseil à mon médecin généraliste qui m’a adressé à un confrère rhumatologue. Celui-ci s’est contenté de me shooter à coup d’anti-douleurs. J’ai fini par attérir ensuite au centre anti-douleurs de l’hôpital d’Aix en Provence, même thérapie, inefficace sur moi.

Bilan de cette mésaventure

Ma conviction forte est que ces plâtres sont à l’origine de mon algodystrophie et sources de complications et gaspillages associés.

Sur le plan de la sécurité sociale, des dépenses inutiles

Un arrêt maladie relativement long, 4 mois, qui aurait pu être réduit s’il n’y avait pas eu ce phénomène d’algodystrophie invalidante,

des séances de kiné à rallonge => sur ce point, je rajoute un complément dans le paragraphe ci-dessous car là aussi il y a des choses à dire…

des médicaments chers en grande quantité et sans aucune efficacité sur moi qu’on m’a fait prendre pendant de nombreuses semaines.

Sur le plan personnel

J’ai gagné au tirage ou au grattage, une belle algodystrophie qui est bien partie pour m’accompagner jusqu’à la fin…?

Des cachetons anti-douleurs à base d’opium et des anti-depresseurs (voir mon article sur l’algodystrophie pour savoir pourquoi on m’a prescrit ces médicaments) qui m’ont fracassé physiquement et ne m’ont aidé en rien.

Après les médecins, passons aux Kiné et Ostéo incompétents qui se gavent

Kiné, une profession rémunératrice qui attire bon nombre de charlots

Que ce soit pour traiter mes problèmes d’instabilité de bassin, ma rééducation de l’épaule, ma rééducation de la cheville, j’en ai testé quelques uns. Mon constat est simple, un(e) kiné compétent pour beaucoup incompétents ou inefficaces.

Et la conséquence se paie cash pour les patients (clients), 1 séance avec un kiné efficace et à l’écoute des problèmes de son patient vaut l’équivalent de 3 séances avec un kiné soit incompétent ou inefficace soit qui ne se soucie que de faire du volume (facturer un maximum de patients à la CPAM dans le même laps de temps) et vous colle dans un coin de pièce à faire des exercices sans vous contrôler.

Là aussi il faudrait faire le tri ou recadrer pour faire de réelles économies conséquentes.

Pour la cheville, j’ai eu un kiné à domicile près d’Avignon qui passait plus de temps à jouer avec mon chien et à discuter qu’à me manipuler alors que j’avais besoin de réelles manipulations physiques pour décoincer mon pied (décoapter et « défibroser » les tissus fibrosés). C’est d’autant plus dommage que la personne était compétente professionnellement.

J’ai ensuite enchaîné sur de la kiné en cabinet près de chez moi, chacun était livré à soi-même, la kiné n’osait pas manipuler fermement mon pied, elle faisait plus de la « caresse de pied » que de la manipulation, séances sans aucun gain pour moi.

J’en ai testé encore un près de chez moi, efficacité zéro, sa « clientèle » était essentiellement des personnes âgées, il leur faisait la causette pour meubler la séance plutôt que les soulager réellement ou leur faire faire des exercices de rééducation correctement en les contrôlant. Manipulation zéro, aucun gain, et il m’a branché un électro-stimulateur de très mauvaise marque dont les patchs étaient usés et ne tenaient pas et dont la batterie était « morte » – autonomie moins de 5 minutes. Là j’ai stoppé rapidement au bout de 2 séances

J’ai ensuite enchaîné sur un kiné près d’Aix en Provence vers mon travail (une fois le travail repris). De suite, le courant m’a semblé passer, la personne était parachutiste, comme moi, je pensais qu’on allait bien s’entendre et avancer; je lui ai bien précisé que j’avais une algodystrophie et que j’avais besoin surtout de manipulations, il était ok sur le principe. Au bout de 7 séances, il ne m’avait pas manipulé une seule fois le pied, il me faisait faire des exercices basiques, que j’aurais pu faire seul chez moi, pendant qu’il restait dans son bureau derrière son ordinateur. J’ai stoppé.

Heureusement il y a quand-même quelques kinés très compétents

Ensuite j’ai enfin trouvé une kiné super efficace sur Aix en Provence, très investie dans son métier, à l’écoute des patients, et cherchant toujours une solution pour les soulager. Depuis je fais toutes mes séances de kiné avec elle, que ce soit le bassin, l’épaule ou la cheville; gràce à elle j’ai pu réellement récupérer et progresser. Je ne lui ai pas demandé la permission donc je ne cite pas son nom mais si vous êtes sur le secteur d’Aix en Provence et cherchez une kiné sérieuse, contactez moi par mail, je vous donnerai ses coordonnées.

Les Kinés des cliniques et hôpitaux – un poste pas fatigant bien rémunérateur

Vu l’état dans lequel on est après l’opération, les séances de kiné ne sont pas pour de suite.

Que ce soit pour la cheville ou pour l’épaule, après l’opération, j’ai eu la visite d’un kiné. Il passe 5 mn à vous parler, savoir comment vous allez, donne 2 ou 3 conseils qui sont des banalités qui ne servent à rien si ce n’est à justifier son intervention ; et ils sont malins, quand vous êtes deux dans la chambre pour une intervention similaire, les conseils prodigués sont valables pour les deux en une fois mais la facturation elle sera faite deux fois , une pour chaque patient. Un collègue travaillant dans un cabinet comptable gère la comptabilité d’un kiné qui travaille en prestation pour les hôpitaux et cliniques dans ce cadre ; il m’a confirmé que c’est très rémunérateur pour lui. Je le crois volontiers.

S’il y avait des contrôles sur ce sujet, cela permettrait à mon avis des économies non négligeables à l’échelle du pays pour la Sécurité Sociale…

Les Ostéopathes – du tri à faire à la pelle

Juste une petite parenthèse vu que l’ostépoathie n’est pas prise en charge par la Sécurité Sociale, le fait qu’il y ait des chèvres dans cette profession n’impacte pas la Sécurité Sociale, quoi que…

Lors d’une séance de manipulation avec un Ostéo qui m’avait été recommandé, celui-ci m’avait signalé à l’époque qu’il y a bon nombre d’ostéo avec des diplômes non reconnus et donc souvent non couverts pour leurs actes et qu’il y à des personnes qui décèdent ou d’autres qui finissent paralysées suite à des manipulations ostéopathiques. En dehors du drame humain, ces cas là auront forcément un impact sur la Sécurité Sociale. Il avait des tas de diplômes affichés sur un pan de mur, ça n’a pas empêché qu’il m’a « fracassé »…

Un autre sur Aix en Provence m’a manipulé une fois pour me décoincer le bas du dos, 5 mn 55 €.

La aussi j’ai fini par en trouver un très compétent, certes la consultation coûte 50 € mais la séance dure facilement 40 mn et il contrôle tout des pieds à la tête. Avec des pros comme lui, 1 ou 2 séances devraient être prises en charge par la Sécurité Sociale, ça évite parfois des séances de kiné ainsi que des prises de médicaments anti-douleurs et / ou anti-inflammatoires…

Si par hasard un jour j’apprenais par les médias que certains de ces charlots, qui se gavent sur la souffrance des gens et sur le dos de la Sécurité Sociale, figurent dans la liste des clients HSBC fraudeurs fiscaux, ça ne me surprendrait pas du tout.

Articles sur les dépassements d’honoraires élevés des médecins

Allo Docteurs : Qu’est-ce qu’un interne ?

Capital : Santé : 11,8 milliards d’euros d’économies possibles

Le Figaro : Dépassements d’honoraires – aucun contrôle à l’AP-HP

Le Monde : Le déficit 2014 de la Sécurité sociale sera plus important que prévu

Le parisien : A l’hôpital, des soins facturés cinq fois plus chers qu’en clinique !